Oui, j’ai déjà fait un premier article concernant le lancement de mon projet 100km.space. Il a déjà attiré beaucoup de lecteurs, il était temps de parler de la suite. De ce qui s’est passé les jours d’après, de ce qui s’est passé en 10 jours.

L’article a été publié le jeudi 30 avril, le jour juste après le lancement du site avec la carte. Depuis, il a été lu plus de 10 000 fois (sur Medium et sur mon blog personnel). L’histoire fut intéressante à écrire, elle m’a permis de passer aux étapes suivantes et d’avoir des retours constructifs. D’où le présent article qui me permet de partager plus en détail ce qui s’est passé depuis.

Nous sommes le 11 mai, jour de début du déconfinement progressif. La perception des limites de chaque individu a un peu évoluée. La mienne y compris, même si je reste sagement à l’intérieur, continuant à travailler à distance. Le télétravail régnant désormais en maître sur le monde.

Des alliés précieux.

Flashback : le vendredi 1er mai, j’ai décidé de passer la carte hors-ligne. Celle-ci a été massivement partagée et a donc consommé de nombreux crédits du côté de l’API Google Maps.

Après un bref bilan d’usage, j’ai réceptionné la facture d’un montant proche de 850€ que j’ai partagé publiquement. Mon but n’était pas de provoquer une sympathie de tous, mais d’attirer l’attention sur le fait que je ne pourrais pas continuer à délivrer un service gratuitement s’il continue à être source de dépense, sur mon compte personnel.

Cette annonce a donné envie à Aurélien de la société « Permettez-moi de construire » de me proposer un coup de pouce financier. Nous nous connaissons depuis assez de temps pour évoquer ces histoires de coûts en toute transparence.

La discussion a permis de débloquer la situation et de rendre le site de nouveau opérationnel. J’ai reçu une aide financière couvrant les frais engagés le temps de trouver une solution viable. En contrepartie, j’ai proposé à Aurélien de décrire pourquoi il menait cette démarche : aider un projet tourné vers les utilisateurs.

Il ne s’agissait pas d’achat d’encart publicitaire, mais d’un passage de gap qui a été efficace, car par la suite j’ai pu faire une donation en utilisant l’excédant perçu à l’association « Protège ton soignant ».

Outre l’aide financière, j’ai pu compter sur Remi Grumeau qui m’a proposé de mettre en place une version de la carte en utilisant des technologies open source. Ceci, le temps de pouvoir entrer en contact avec Google pour remettre la version originale en ligne.

En quelques heures, un fork a pu voir le jour et a été partagé comme solution alternative sur le site 100km.space. J’ai pour attachement à ne jamais couper un service sans fournir une solution pour continuer à bénéficier d’une offre. Ce qui a été le cas en mettant en avant une carte qui faisait sensiblement la même chose, réalisée par un indépendant, sans chercher à faire de profit de la situation.

Un allié du côté des GAFA.

Après avoir été partagée et commentée, ma publication originelle à propos du site m’a permis d’avoir accès à un formulaire de demande de crédits d’usages chez Google dans le cadre d’un programme visant à aider les créateurs de contenus en réponse à la crise sanitaire Covid-19.

Une fois cette demande remplie, je me suis attaqué à la partie facturation en partant à la recherche d’un interlocuteur qui pourrait m’aider à être remboursé en partie des frais engagés. Ce qui a été le cas, comme quoi, les GAFA ont aussi un coeur lorsqu’il s’agit de facturation.

J’ai également pu compter sur les échanges nombreux avec Gilles qui travaille chez Google et qui a pu appuyer mes demandes de crédits. Une première livraison m’a permis dès le dimanche soir de remettre le site en ligne.

Très clairement, si on m’avait dit que Google m’accepterait parmi les quelques initiatives soutenues en France … C’était une excellente surprise ! Ce premier versement de crédit rend maintenant le partage de la carte de nouveau opérationnel.

De plus, j’ai reçu les conseils avisés des équipes techniques pour améliorer les appels API et proposer une carte plus simple à utiliser. Que demander de plus ?

De nombreux médias.

Au cours de la semaine, j’ai pu discuter avec quelques-uns des grands médias français. En toute simplicité, car il s’agit d’un projet sans but lucratif, dénoué de souhait de mettre en avant une offre ou un service.

Entre un passage sur BFMTV le mercredi 29 avril, une interview radio pour France Bleu le 06 mai et un passage sur LCI le 10 mai, l’actualité pour 100km.space a été très dense. En tout cas bien plus que ce j’aurai pu imaginer au tout départ, moi qui pensais réaliser un petit site pour les amis et la famille !

Le site est resté en ligne grâce à la générosité de Google, une deuxième livraison de crédits a été nécessaire. Plus de monde, plus de trafic, plus d’adresses recherchées.

C’est majoritairement grâce aux statistiques et à la notion de sites référents que j’ai pu découvrir les articles. Peu de journalistes et blogueurs prennent la peine de contacter les créateurs de services pour recueillir leurs impressions ou points de vues.

Je pense sincèrement que le fait de partager les joies / peines, au travers de différents tweets et le précédent article, a permis une reprise sans accroc de ce que j’ai toujours voulu faire avec ce site : donner la possibilité de rêver à ce que l’on peut faire à 100km autour de soi.

Communiquer simplement et sans interlocuteur spécifique m’a conforté dans ce que je crois depuis de nombreuses années : les relations presse ont beaucoup changé et il n’est plus nécessaire de partir à l’assaut des boîtes mail des rédacteurs. Parfois, de simples tweets et une idée qui sert suffisent largement à attirer l’envie de partager.

Digital, mais pas que.

Le bouche-à-oreille a été la clé de succès du site. Plus de 670 000 visiteurs uniques sont venus se renseigner, sans aucune campagne média payée ou sollicitée. Ces visiteurs ont recherché au total plus 5,5 millions d’adresses en France.

Facebook reste loin devant, les partages ont étés nombreux, variés et réguliers. D’où la nécessité de soigner ses balises open-graph : rendre clair ce que l’internaute va trouver derrière le lien.

Twitter et LinkedIn sont juste derrière, avec pour particularité d’avoir été les plateformes où la discussion était plus intense en moyenne sur les publications des internautes.

Viennent ensuite les blogs et médias plus traditionnels. Le format newsletter n’est pas en reste, grâce aux statistiques, j’ai pu découvrir certaines newsletters internes d’agences de communication qui en parlaient, mais aussi certains blogs envoyant leurs informations de façon payante.

Mais la boîte noire de la remontée d’information reste la presse traditionnelle. Un article est paru le dimanche 10 mai dans la PQR (Presse Quotidienne Régionale) à propos du site, ce dernier m’a permis d’être mentionné par de nombreuses personnes qui découvraient le site pour la première fois.

Cette dernière nouvelle permet de relativiser sur le pouvoir absolu des réseaux sociaux. Parfois, les plus connectés découvrent aussi les informations par la voie traditionnelle : le papier a encore de très beaux jours devant lui.

Dimanche. Lundi.

Il est 7h. La veille, j’ai eu l’heure du passage télévisé. J’avais enregistré mes réponses à l’avance, renvoyé les vidéos, pris le temps de stresser. Finalement, passage en direct pour parler de ce projet. Pic soudain des connexions, plus de 4500 personnes à la minute. Et cela toute la matinée.

Il est 11h, le lendemain. Je reçois une notification Twitter : je suis mentionné par le compte @GoogleEnFrance et le petit projet est mis en avant de façon plus officielle.

Il est maintenant 16h, toujours lundi. J’ai coupé le site le temps de voir avec les équipes Google s’il est possible d’avoir une rallonge de crédits. Seul le temps dira si le site revient.

Dans l’absolu, je n’en ai pas envie. Cela voudrait dire qu’il ne sert plus à rien. Que nous avons toutes et tous notre liberté de déplacement. Que personne ne viendra nous verbaliser. Que la vie est belle. Que nos écrans n’occupent plus tant de temps chaque jour.

C’est une sacrée aventure de passer de 0 à 670 000 visiteurs en quelques jours. Va-t-elle continuer ? Aucune idée !

C.

Compresser (efficacement) un PDF trop lourd grâce à la magie de la ligne de commande

Ceci ne serait pas un de mes espaces de prise de parole sans une petite intervention purement technique. Après tout, ce qui va suivre devrait intéresser bon nombre de mes collègues producteurs de slides.

Coucou les marketeux ^^

Car l’ennui avec les slides, c’est que ça finit par peser son poids. Et c’est bien souvent les images qui transforment une présentation légère en sumo à transporter via WeTransfer. Ce gros WeTransfer qui -au final- embête bien tout le monde.

Le temps d’envoyer sur la plateforme avec une connexion qui s’avère être trop lente, puis le temps de récupérer le lien à envoyer à son contact, patienter bien longtemps qu’il arrive à ouvrir le lien pour découvrir la présentation. Bref, du temps perdu en données qui transitent et qui polluent.

Car oui, plus un fichier est lourd, plus son bilan carbone est important.

Autant refaire les choses simplement et prendre le temps de compresser tout cela sans perdre (trop) en qualité d’image. Résultat, il suffit d’utiliser notre ami de toujours GhostScript grâce à l’installation via brew.

Direction le Terminal de votre ordinateur fétiche pour installer le package :

brew install ghostscript

Puis, direction votre dossier avec le fichier à compresser (le input.pdf) pour lancer la commande :

gs -sDEVICE=pdfwrite -dNOPAUSE -dQUIET -dBATCH -dPDFSETTINGS=/screen -dCompatibilityLevel=1.4 -sOutputFile=output.pdf input.pdf

À titre d’exemple, un PDF de 650 Mo est maintenant un poil plus partageable : 55 Mo. Oui, c’est plutôt sympa et ça va beaucoup plus vite sans perte de qualité flagrante sur les images.

C’est trop moche, trop compressé, trop pixelisé ? Ok :

Other options for PDFSETTINGS:

/screen selects low-resolution output similar to the Acrobat Distiller "Screen Optimized" setting.
/ebook selects medium-resolution output similar to the Acrobat Distiller "eBook" setting.
/printer selects output similar to the Acrobat Distiller "Print Optimized" setting.
/prepress selects output similar to Acrobat Distiller "Prepress Optimized" setting.
/default selects output intended to be useful across a wide variety of uses, possibly at the expense of a larger output file.

Bref, c’est cool.

N.

Ne pas savoir où l’on va est aussi un bon indicateur.

Il y a peu de temps, je suis tombé sur une citation qui m’a rappelé les grands principes de la méthode Agile.

“There is a Zen story about a man riding a horse that is galloping very quickly. Another man, standing alongside the road, yells at him, “Where are you going?” and the man on the horse yells back, “I don’t know. Ask the horse.” I think that is our situation. We are riding many horses that we cannot control.”
― Thích Nhất Hạnh, Being Peace

Le lien avec l’agilité ? Nous prévoyons le pire pour espérer le meilleur au fur et à mesure des développements. Cela dérange souvent fortement, mais c’est une méthode éprouvée qui permet de découper des tâches complexes en étapes réalisables avec des résultats atteignables.

Sur un malentendu, tout se passera bien.

Le « projet », le « client », le « service », le « besoin ». Ces termes reviendront toujours et auront à chaque fois une complexité différente à chaque rencontre. Par contre, il y aura une constante : ce défi sera unique en son genre.

C’est vrai, c’est une belle affirmation. Du moins, en apparence, dans un planning Excel, calé dans sa reco’ PDF HD.

Dans la réalité, les problématiques sont toujours les mêmes : « faites-moi accepter que je fais mal quelque chose sans me vexer et en me prouvant que je dois passer avec vous sans pouvoir le faire en interne, mais soyez innovant tout en gardant à 100% nos éléments actuels, vous comprendrez que nous ayons peur quand même, le changement c’est pas évident ».

C’est à ce moment que je sors ma carte principe de Peter.

Nous devons accepter de nous faire emporter par des projets qui peuvent nous dépasser et que nous ne pourrons pas toujours maîtriser.

Ce défi (le « projet ») doit pouvoir nous emporter avec lui. Si nous essayons de lui faire changer de direction, il faudra déployer un tas d’artifices étranges que l’on appellera :

  • Vérité du concret
  • Cadrage du futur
  • Rappel de l’existant
  • Outils de mesure

Nos indicateurs nous permettent de nous situer par rapport à un projet en tant qu’êtres humains. Ils ne permettent pas de situer un projet dans sa globalité par rapport à des objectifs.

Ces fameux KPI (Key Performance Indicators) se contentent de juger le travail des petites mains, pas celui d’un outil technologique.

En acceptant ce postulat, ainsi que celui rappelant que « l’humain est un système faillible », il nous est possible d’envisager différemment le client, son besoin ainsi que le service attendu.

Chaque demande client concerne un besoin extrait d’un projet plus complexe, en tant que prestataire ou collègue, le service que nous aurons à proposer devra en tenir compte. Sans oublier que sans vue globale, il y a un risque pour que tout se passe bien.

Faites confiance au cheval, il sait généralement où aller.