C’était en 1995, l’Encyclopédie des Trucs et Astuces de Jeux Vidéo (alias ETAJV) prenait vie : un recueil écrit à la main de l’ensemble de la connaissance du domaine recueillie par une poignée d’individus.

Avant d’être disponible en ligne, cette encyclopédie a été distribuée à la main sur disquettes, de façon bénévole et totalement gratuite.

Pas de Wikipédia du jeu vidéo, pas de site dédié, simplement une distribution basée sur l’influence marketing et le growth hacking.

Présente parfois sur le CD-ROM accompagnant le magazine fétiche, l’encyclopédie devient alors un fer de lance de la démocratisation des astuces pour tous. C’est également ce qui a poussé son apparition sur Minitel avec le 3615 ETAJV, ceci avant de lancer un site Internet en 1997 : jeuxvideo.com.

Passés de mode cette nouvelle décennie, les magazines de jeux vidéo n’ont plus la côte et deviennent même impopulaire, donc : baisse drastique des ventes. Internet est présent pour avoir de l’actualité bien fraîche.

De simple encyclopédie sur disquette, l’année 2000 marque la transformation du site avec l’acquisition d’un grand nombre des parts de la société par Gameloft.

L’ajout d’un forum par la suite fera en sorte que l’on parle encore plus de lui avec la partie “Blabla 18-25 ans” qui défraie la chronique, notamment avec des lancements de fake news (mort de Jean Dujardin), cyber harcèlement, coups de pouce politiques … Mais ceci est une autre histoire.

À.

À la rencontre de l’enfer d’Internet : Rotten.com

Il était une fois, un site internet lancé en 1996 ayant pour particularité d’être le recueil des images les plus choquantes présente en ligne. La baseline du site était très claire : “When Hell is full, the dead will walk the earth — Pure Evil Since 1996“. Malgré cette mise en garde, nous étions nombreux à nous y rendre pour avoir notre dose de frissons.

Dédié au morbide, à la curiosité malsaine, à toute forme de déviance; cet espace était un peu comme un niveau de l’enfer de Dante. Photographies d’autopsies, actes violents, victimes de tueries, accidents d’hélicoptères, personnes sautant des étages des deux tours lors du 11 septembre … La censure n’avait pas son mot à dire.

Pas qu’un recueil de ce qu’Internet pouvait proposer comme images choquantes, Rotten était aussi (via un site annexe) un site Ecommerce qui proposait des cassettes vidéos d’autopsies, de bagarres de strip-teaseuses, des snuff movies … Le gore avait son e-shop.

Véritable foire du dérangeant, Rotten a pu accueillir jusqu’à plus de 250 000 visiteurs uniques quotidiens sans aucune publicité affichée.

S’il y a bien une chose à garder en tête, c’est que l’attraction pour les contenus différents / dérangeants / étranges n’est pas nouveau. Ce qui se partage le plus désormais sur les réseaux sociaux est une version édulcorée de ce qu’il y avait sur Rotten. Par contre, ce qui se passe en messagerie privée y ressemble bien fortement.

La grande différence entre ce qui se passe aujourd’hui et ce qui se passait fin 1990, c’est le temps de chargement. Là où l’immédiateté est nécessaire, il y a plusieurs décennies un même contenu pouvait prendre plusieurs minutes à arriver. Imaginez alors le degré d’excitation et de peur qu’il était possible de ressentir après le clic sur un lien pour découvrir un contenu shock

Fermé en 2017, il est toujours présent dans la culture populaire et sûrement quelque part du côté de The Internet Archive pour les plus téméraires (ou via Tor, vous pouvez y retrouver des archives des contenus présents à l’époque).