“Look at something people are trying to do, and figure out how to do it in a way that doesn’t suck.”

Ce n’est pas moi qui le dit, c’est tout simplement tiré d’un livre que je vous invite très fortement à aller consulter, piller, acheter, dévorer, accepter (rayez la mention inutile) …

Il s’agit de We Are The Nerds écrit par Christine Lagorio-Chafkin, retraçant les origines de l’un des plus grands site du web : Reddit.

U.

Un site web sans mouchards et sans (mauvaises) statistiques.

On voit apparaître une nouvelle tendance depuis plusieurs mois : affirmer que les sites proposés aux visiteurs sont sûrs et ne fournissent pas de données aux grands méchants du web.

En l’occurrence, il est fréquent de retrouver Facebook et Google sur le devant de la scène. Les données sont désormais un peu moins partagées, un peu plus protégées et un peu mieux utilisées.

Cela fait maintenant plusieurs années que je n’installe plus Google Analytics sur mes sites personnels. Lorsqu’il s’agit d’un site d’un client (et sur sa demande), je continue à installer ces bouts de codes qui permettent de tracer les activités d’une personne.

Depuis plusieurs années, je déploie des sites sans aucune donnée collectée. Y compris côté réseaux sociaux. Je tente de faire une chose simple : me demander à chaque fois si j’en ai réellement besoin.

Concernant les statistiques de visite, je n’en ai aucune utilité. Je préfère mesurer le taux d’interaction avec les visiteurs. Le nombre de fois où je reçois un email, le nombre de messages reçus sur LinkedIn ou Twitter.

D’ailleurs, c’est un peu ce que je propose à chaque nouvelle idée : quel est l’intérêt de tout connaître des utilisateurs ? Qui va réellement vérifier les informations collectées ? Quel but est caché derrière ce sentiment de toute puissance ?

Lors de mes précédentes expériences professionnelles, j’ai eu l’occasion de faire un nombre conséquent de jeux en ligne dotés d’un formulaire de contact. Ces données sensibles étaient envoyées par fichiers emails au format Excel. Un tirage au sort était effectué puis les données étaient oubliées.

Je n’ai jamais eu un client souhaitant récupérer le fichier Excel de ses participants pour les inclure dans sa démarche de connaissance client. Agrémenter son CRM avec des données sociales ? Quelle idée farfelue 😉

Typiquement, cette démarche de collecte façon Big Data sans analyse par la suite entre dans la logique du FoMO : Fear of missing out. Cette peur constante de rater possible quelque chose peut nous pousser à collecter les données “par sécurité” parce que vous comprendrez que “on ne sait jamais“.

Ce n’est pas parce que tout le fait qu’il s’agit d’une bonne pratique. Parfois oui, souvent non. Ce sentiment d’appartenance est fort, lorsqu’on tente d’en sortir, un vide peut se créer et une peur primaire arrive : pourquoi est-ce que je fais différemment des autres ? Est-ce que c’est grave ?

Mais une autre arrive assez vite au final, est-ce que l’on a besoin d’autant d’informations au quotidien ?

N.

Ne pas commencer sa journée par la lecture de ses emails.

Voilà un pari qui semble irréalisable et sûrement un peu stupide. Pourquoi s’infliger une perte possible d’informations essentielles pour planifier sa journée ?

En fait, ce que je tente depuis plusieurs mois maintenant, c’est de planifier l’ensemble de mes tâches bien en amont de ma journée qui débute.

J’ai longtemps eu le réflexe de partir à l’aventure du nouvel email dès l’ouverture de mon ordinateur. Alors qu’au final, la plupart des tâches importantes à réaliser sont la suite logique du travail de la veille.

Depuis assez longtemps maintenant, je prends le temps en fin de journée de préparer ma liste de tâches à exécuter pour le restant de la semaine. Je prends 10 minutes chaque soir pour passer en revue les projets que je dois terminer et évaluer le temps restant.

Un peu comme le travail qu’effectue un Product Owner sur le suivi de production : découper, évaluer, prioriser et planifier les tâches.

Concernant le lundi et le vendredi, même chose. Au final, tout projet peut être découpé et du coup réparti dans une tranche horaire déterminée. 

Le passage à la vie de free-lance m’a forcé à être plus assidu sur ma gestion interpersonnelle de mon emploi du temps. Sans équipe, il faut savoir se responsabiliser sur l’ensemble des compétences requises. Cela paraît ridicule à écrire (et à lire, je pense), mais il s’agit de la vérité que l’on aime généralement se cacher lorsqu’on travaille en équipe.

Avec le temps, j’ai eu à gérer des projets de plus en plus conséquents, avec de plus en plus d’interlocuteurs et à monter une équipe de plus en plus grande. La transmission de l’information est alors devenue essentielle pour éviter les frustrations de chacun. 

Plutôt qu’un gros bloc indigeste, il est plus facile de transmettre des paquets d’informations rapides à assimiler et à utiliser. Cette transmission passe nécessairement par un rythme régulier de points et une astreinte aux process simples. 

Ce premier process est de mettre à plat les projets, les tâches, les informations. Puis de les organiser sans se perdre dans de nouvelles considérations.

Un peu comme assainir une pièce et ouvrir un nouveau placard le matin alors que celui ouvert la veille n’est pas encore rangé. Le résultat est (sans surprise) un bordel presque organisé, mais surtout réellement peu pratique.

Il y a certaines situations où voir d’un coup d’œil l’ensemble des placards ouverts permettrait de mieux organiser le rangement. Mais en y allant étape par étape (itération par itération comme on dit chez la startup nation), on arrive généralement plus rapidement à ses fins.

Je suis persuadé qu’il vaut mieux avancer rapidement sur de petites étapes plutôt que de viser directement le résultat parfait et terminé.

Mes petites étapes matinales sont donc d’avancer sereinement sans nouveau placard à ouvrir. De travailler, trier et ranger au fur et à mesure les tâches avant d’en prendre de nouvelles à bras le corps.

Cela m’est particulièrement utile lorsque je gère en simultané plusieurs projets de tailles variables et de thématiques réellement opposées. La division pour l’organisation est finalement une pratique qui me permet de travailler plus efficacement.

Alors, si vous avez une information essentielle à me transmettre qui doit être lue dès le matin, pensez au téléphone. C’est bien aussi d’entendre la voix de ses interlocuteurs 😉

P.S. : Cette pratique a certaines failles, c’est bien évidemment ce que je fais en dehors des moments un peu stressants de validation finale (pas la validation intermédiaire qui dure des plombes) ou de mise en production finale (pas la staging qui passe en préprod).